Départ du locataire : les procédures de sortie étape par étape
Guide complet pour gérer un départ de locataire : préavis, état des lieux de sortie, délais et motifs de retenue sur le dépôt de garantie.

Gérer un départ locataire : un moment critique de la gestion locative
Le départ d'un locataire est rarement une formalité administrative anodine. C'est souvent le moment où les tensions émergent : dégradations découvertes au dernier moment, désaccord sur l'usure normale, retard dans la restitution du dépôt de garantie… 🏠
Pour un bailleur particulier, mal gérer cette étape peut coûter cher : retenues injustifiées contestées, délais légaux non respectés, ou au contraire, abandon de droits faute de méthode. Cet article vous guide étape par étape, du préavis à la restitution du dépôt, en sécurisant chaque action.
Étape 1 : réceptionner le préavis correctement
Le locataire doit vous signifier son départ par un préavis écrit. La forme dépend du type de bail :
Bail signé depuis le 27 mars 2014 : Le préavis peut être envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception, remis en main propre contre récépissé, ou par acte de commissaire de justice (anciennement huissier).
Bail antérieur : les mêmes formes s'appliquent en pratique, mais vérifiez les clauses de votre bail.
⚠️ Attention : un préavis envoyé par simple mail ou SMS n'a pas de valeur juridique, sauf accord exprès du bailleur.
Durée du préavis : les règles à connaître
La durée légale du préavis dépend du type de location :
Type de location | Durée du préavis |
|---|---|
Location vide (résidence principale) | 3 mois |
Location meublée (résidence principale) | 1 mois |
Logement en zone tendue (location vide) | 1 mois (sous conditions) |
Le préavis court à compter du jour de la réception de la lettre (ou de la signification par commissaire de justice), pas du jour d'envoi.
Étape 2 : préparer l'état des lieux de sortie
L'état des lieux de sortie est obligatoire pour les baux soumis à la loi du 6 juillet 1989 (résidence principale). C'est le document clé qui permettra de comparer l'état du logement avec l'état des lieux d'entrée et de justifier d'éventuelles retenues.
Anticipez la date
Fixez la date de l'état des lieux de sortie avant le départ du locataire, idéalement dans les derniers jours du préavis. Le locataire doit encore occuper les lieux et être présent.
💡 Bonnes pratiques : proposez au moins deux créneaux possibles et confirmez la date par écrit.
Préparez vos documents
Le jour J, vous devez avoir sous la main :
L'état des lieux d'entrée (obligatoire pour toute comparaison)
Le bail et ses annexes (diagnostics, inventaire si meublé)
Les éventuels échanges écrits sur des travaux ou réparations effectués pendant le bail
Le formulaire d'état des lieux de sortie (même format que l'entrée)
Étape 3 : réaliser l'état des lieux de sortie
L'objectif n'est pas de traquer la moindre poussière, mais de constater objectivement l'état du logement et les éventuelles dégradations.
La distinction cruciale : usure normale vs dégradation
C'est la source principale de litiges. Le locataire n'est pas responsable de l'usure normale (vétusté), mais il doit réparer les dégradations qu'il a causées.
Exemples concrets :
Usure normale : moquette légèrement passée, peinture légèrement écaillée après 5 ans, joints de sanitaires légèrement jaunis
Dégradation : trou dans un mur, carrelage fissuré, porte enfoncée, moquette tachée de façon indélébile
📝 Conseil : documentez chaque anomalie avec des photos datées, jointes à l'état des lieux.
La méthode pièce par pièce
Procédez de manière systématique, dans le même ordre que l'état des lieux d'entrée :
Plafonds, murs, sols
Portes et fenêtres (y compris serrures et poignées)
Équipements (plomberie, électricité, chauffage)
Électroménager si fourni (en location meublée)
À chaque constat, notez l'état et comparez avec l'état des lieux d'entrée. Si une dégradation est constatée, précisez si elle existait déjà ou si elle est nouvelle.
En cas de désaccord
Si le locataire conteste un constat, deux options :
Inscrire la réserve dans l'état des lieux : mentionnez le désaccord de manière précise, avec la position de chacun
Faire appel à un commissaire de justice : si un état des lieux amiable est impossible, les frais de son intervention (à tarif réglementé) sont partagés par moitié (50/50) entre le bailleur et le locataire.
Un état des lieux contradictoire (avec réserves) vaut preuve en cas de contentieux.
Étape 4 : restituer le dépôt de garantie
C'est l'étape la plus sensible. Le dépôt de garantie (souvent appelé « caution ») doit être restitué dans des délais stricts, encadrés par la loi ALUR de 2014.
Les délais légaux de restitution
Situation | Délai de restitution |
|---|---|
État des lieux de sortie conforme à l'entrée | 1 mois maximum |
État des lieux de sortie non conforme (dégradations constatées) | 2 mois maximum |
⏰ Le délai court à compter de la restitution des clés par le locataire, pas à compter de l'état des lieux.
Les motifs légaux de retenue
Vous ne pouvez retenir tout ou partie du dépôt de garantie que pour des motifs précis :
Impayés : loyers ou charges non réglés
Dégradations : réparations locatives non effectuées, dégradations constatées à l'état des lieux de sortie
Taxes : taxe d'enlèvement des ordures ménagères (uniquement si le bail le prévoit et que le locataire ne l'a pas réglée)
⚠️ Important : vous devez justifier chaque retenue par un document (facture, devis, état des lieux). Une retenue sans justification peut être contestée et vous expose à une sanction légale : la majoration du dépôt de garantie restant dû d'une somme égale à 10 % du loyer mensuel (hors charges) pour chaque mois de retard commencé.
Comment calculer les retenues ?
Pour les dégradations, retenez le coût réel de la réparation, pas le coût de remplacement. Exemple : une porte abîmée peut être réparée plutôt que remplacée.
Procédure recommandée :
Obtenez un ou plusieurs devis pour les réparations
Appliquez éventuellement un coefficient de vétusté (grilles de vétusté existantes, comme celle de l'ALUR pour les logements anciens)
Communiquez les justificatifs au locataire avec le solde restitué
Étape 5 : gérer les litiges éventuels
En cas de désaccord persistant sur le montant restitué, le locataire peut saisir le tribunal judiciaire. En pratique, la plupart des litiges se règlent à l'amiable.
Bonnes pratiques pour éviter les contentieux
Communiquez rapidement avec le locataire après l'état des lieux
Fournissez systématiquement les justificatifs des retenues
Proposez un arrangement si la situation est ambiguë (ex: partage des coûts pour une dégradation dont l'origine est incertaine)
Checklist de fin de bail
✅ Réceptionner le préavis et vérifier sa conformité
✅ Calculer la date effective de fin de bail
✅ Fixer la date de l'état des lieux de sortie
✅ Préparer l'état des lieux d'entrée et le bail
✅ Réaliser l'état des lieux de sortie avec photos
✅ Identifier les dégradations et les distinguer de l'usure normale
✅ Calculer les éventuelles retenues avec justificatifs
✅ Restituer le dépôt de garantie dans le délai légal (1 ou 2 mois)
✅ Transmettre les justificatifs de retenue au locataire
Conclusion : anticiper pour sécuriser
Un départ de locataire bien géré, c'est d'abord un départ anticipé. Gardez une trace de tous les échanges, conservez vos états des lieux d'entrée avec soin, et n'attendez pas le dernier moment pour organiser la sortie. 📁
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